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L'hôtellerie suisse à l’épreuve: recul des nuitées au premier semestre 2012

Berne, 06.08.2012

L'hôtellerie suisse sort d’un premier semestre 2012 difficile, plombé notamment par le recul de la demande européenne. La guerre des prix exerce une pression croissante sur la branche. L'esprit d'initiative sera indispensable dans les mois à venir. Par ailleurs, hotelleriesuisse demande au Conseil fédéral de faire preuve de mesure dans la mise en œuvre de l'initiative sur les résidences secondaires.

Les conditions sont actuellement tout sauf faciles pour l'hôtellerie suisse: l’incertitude économique globale, en particulier dans la zone euro, a considérablement pesé sur la demande au cours du premier semestre 2012. «Aujourd'hui, on regarde davantage à la dépense quand on part en vacances et la Suisse, avec son franc fort, s’en trouve spécialement pénalisée», a déclaré Christoph Juen,  CEO d’hotelleriesuisse. Ce sont surtout les hôtes européens qui ont boudé la Suisse (-11%), la baisse des nuitées étant particulièrement marquée sur le principal marché étranger de l’Allemagne (-15%). Le marché intérieur est resté stable dans l’ensemble avec un léger repli de 0,5%. Le tableau est plus réjouissant du côté de la clientèle en provenance du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de Chine. «Grâce à des efforts soutenus, ces marchés ont progressé de 10,8 % par rapport à même période de 2011». Dans l’ensemble, les nuitées ont chuté de 3,7% au premier semestre 2012 pour s’établir à 16,8 millions d‘unités.

La pression sur les prix met la situation bénéficiaire en péril

Les replis imputables au franc fort ont surtout touché les régions alpines (-6,4%). Dans les grandes villes (+0,5%), les restrictions budgétaires des entreprises ont freiné la croissance des nuitées. L’analyse par catégories d’établissements ne révèle pas de véritable gagnant au premier semestre 2012. Ainsi, avec un recul de 5,4 %, les établissements 3 étoiles ont été les plus vulnérables, suivis par les hôtels 4 étoiles qui accusent une baisse de 4,8 %. Quant aux établissements 5 étoiles, ils ont en quelque sorte réussi à sortir leur épingle du jeu puisque leurs nuitées n’ont baissé que de 0,7 %. «Nous sommes surtout préoccupés par la guerre des prix à laquelle sont exposés les établissements», explique Christophe Juen. Il en résulte parfois des tarifs hôteliers nettement inférieurs à la limite correspondant à la catégorie de l'hôtel. «Non seulement ces pratiques détériorent la situation bénéficiaire, mais elles ramènent aussi le prix de référence à un niveau qui sera difficile de corriger par la suite.»

Tabler sur la qualité des prestations et des services

Avec des nuitées en recul de 2,9 % par rapport à la période correspondante de l'année précédente, la saison d’été a connu un démarrage plutôt poussif en mai et juin. Le nombre de nuitées des hôtes étrangers a chuté pendant cette période de 3,6 %. Du côté de la clientèle suisse (-1,8%), les caprices de la météo n’ont pas arrangé les choses. «La demande continuera de baisser dans les mois à venir, bien que de façon moins marquée», estime Christoph Juen. En ces temps difficiles, ajoute-t-il, il est capital de ne pas rogner sur la qualité des services et des prestations. Et de rappeler que même si la clientèle se fait plus regardante, elle n’en reste pas moins exigeante. Les nouvelles habitudes de réservation ajoutent à la difficulté, en ce sens que les réservations à court terme compliquent la planification du personnel. «De nombreux hôtels ont un formidable esprit d’initiative et maîtrisent ces défis malgré les conditions difficiles», tient-il encore à souligner.

Mise en œuvre de l’initiative sur les résidences secondaires

En cette période particulièrement critique pour l’hôtellerie suisse, il faut pouvoir évoluer dans des conditions-cadres favorables. En ce qui concerne les taux de change, il faut continuer à soutenir le taux plancher de 1.20 franc pour un euro cher à la Banque nationale. D’autre part, une mise en œuvre éclairée de l’initiative sur les résidences secondaires est importante afin de préserver et stimuler la capacité de développement de l’hôtellerie et du tourisme. A cet égard, il s’agit surtout de maintenir la possibilité de transformer des immeubles hôteliers existants en résidences secondaires lorsque la rentabilité de leur exploitation n’est plus garantie. C’est là l’unique moyen d’éviter une énorme dépréciation, sinon le délabrement des bâtiments, et de favoriser un changement structurel durable.

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